Loading Books – Extraits #4

{Si tu me suis sur le compte @Loading_books, tu as noté une baisse d’activité sur le mois de juin. Tu as aussi dû voir passer mon message expliquant le pourquoi du comment. Si ce n’est pas le cas, sache juste que mon esprit a été accaparé ailleurs, entre la fin des études et les aléas de la vie. Maintenant que ce petit point actu est fait, je te laisse découvrir les extraits de la semaine ! Bonne lecture !}

Le déni, ça ne fonctionne qu’un temps. Il arrive un moment où l’on ne peut plus détourner les yeux des tâches d’infiltration sur les murs ou des factures impayées qui s’entassent sur la console d’entrée. Changer de boulot pour avoir un salaire plus élevé devrait nous aider à combler les trous, mais chaque facture payée semble en attirer deux supplémentaires. Comme une impression de gouffre sans fin. ⁣

La journée a bien commencé et pourtant maman végète toujours sur le canapé, le regard dans le vide. Je reste plantée là, espérant un regain d’énergie qui ne vient plus. Seul un soupire s’échappe de mes lèvres, là où les mots me restent en travers de la gorge. La fatigue m’a aussi gagné, je n’ai plus la force nécessaire pour la secouer. Vaincue, je me détourne de ce triste tableau. ⁣

Rencontre inattendue

Pas de grandes allées palmées au programme, ni de professeurs de renoms et encore moins d’outils high-tech. Être acceptée dans un Collège Communal est déjà une chance pour une personne comme moi donc l’heure n’est pas aux jérémiades. J’ai appris il y a bien longtemps qu’envier les autres ne menait nul part et que se concentrer sur ce que l’on pouvait acquérir et comment l’obtenir était la mentalité à adopter. ⁣

Ces cours en horaires décalés me permettent d’enchaîner avec un boulot, un boulot paie les factures et les factures payées signifient que ma mère reste en sécurité au sein de son foyer. Finalement, se refuser l’accès à son université de rêve n’est pas si cher payé. ⁣

S’il y a bien une personne que je ne m’attendais pas à voir ici, c’est bien lui. Je ne pensais pas être capable de le reconnaître de dos. Après tout, je ne l’ai vu qu’une fois dans ma vie et dans un espace sombre. C’est pourtant bien lui que je vois dans le hall d’entrée. Des grognements à peine audibles se font entendre derrière mon dos, me demandant gentiment de me bouger de devant l’entrée. Je me décale d’un pas, sans pour autant dévier mon regard curieux de la scène. ⁣

Il est maintenant de profil et une drôle d’impression me saisit lorsque je le vois sourire à la jeune fille face à lui. C’est bête, mais je ne le croyais pas du genre à sourire. Non pas que je le pensais condamné à garder un air de chien méchant, seulement il dégage une aura qui tient naturellement les gens à distance. Le voir revêtir un masque amical est étrange. ⁣

Si The Mute ne parle pas, il peut définitivement sourire. ⁣

Yeux dans les yeux

Je n’ai jamais vu un visage se fermer aussi vite que le sien. S’il avait l’air détendu, à discuter les mains enfoncées dans les poches avant de son jean et un sourire taquin scotché aux lèvres, son visage entier s’est tendu lorsque ses yeux se sont posés sur moi. J’aurais pu détourner la tête, reculer derrière le mur ou bien avancer l’air de rien, mais le temps de réagir et il était déjà trop tard. Je sens le rouge me monter aux joues face au sentiment de honte d’avoir été prise sur le fait. Prise à l’épier à travers une porte en verre. Son attention reste bloquée sur moi pendant encore quelques secondes avant qu’elle ne revienne à son interlocutrice.

Ses yeux ne sont pas noirs, comme je le pensais, mais de plusieurs nuances de marrons. A la lueur du jour, il est plus facile de le détailler. Son regard me déstabilise, pourtant je reste plantée là, sans réagir à sa présence. Je prends conscience de l’image que je revois, probablement semblable à celui d’un poisson hors de l’eau cherchant à tout prix une bulle d’air pour respirer.

Après un moment qui me sembla durer des minutes, mais qui devait être plus proche des secondes, il me contourne et disparait dans la masse des étudiants. Sans un bonjour, ni même le moindre signe d’un échange quelconque. Comme s’il ne me connaissait pas et que je n’étais qu’une inconnue qui lui bloquait le passage.


Tu n’as pas lu mon article qui explique ce nouveau projet écriture ? Retrouve-le par-ici.

Et si tu ne veux pas attendre la semaine prochaine pour avoir la suite, rejoins-moi sur le compte Instagram @loading_books où je poste quotidiennement de nouveaux extraits !


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